Présentation
En coopération avec le Festival d’Avignon, la Bibliothèque nationale de France, la Maison Jean Vilar et les CEMEA, cette première école d’été réunit 42 étudiants (20 doctorants, 22 masterants) et 20 enseignants-chercheurs d’Avignon Université (ICTT), l’UdeM (Université de Montréal, CRILCQ), Paris Cité, Rennes 2 (EUR CAPS, ERC STAGE) pour mener une recherche embarquée sur les lieux du spectacle vivant lors de la première semaine du 7 au 10 juillet 2025.
Sujet de Recherche
Élément inséparable de la représentation, le lieu théâtral, quel qu’il soit, s’impose d’abord par sa matérialité et c’est sur elle – son architecture, notamment – que les études sur le lieu théâtral se sont traditionnellement portées et continuent de se concentrer. Mais ce lieu est indissociable du milieu (naturel, historique, social, culturel…) dans lequel il prend place. Il est le témoin d’un passé, plus ou moins long, plus ou moins accidenté, que les personnes (usagers, visiteurs, spectateurs, artistes, techniciens…) qui le fréquentent ignorent généralement alors qu’il agit, semble-t-il, sur elles, le plus souvent à leur insu. C’est à cette dimension du lieu de spectacle comme témoin de l’histoire culturelle – ce qui inclut l’histoire des représentations -, que nous nous intéressons ici ; d’une part parce que cette dimension est méconnue ; d’autre part, parce que nous croyons qu’elle joue un rôle déterminant mais largement sous-estimé dans l’expérience spectatorielle et la performance artistique. Tous les lieux de diffusion (salles conventionnelles comme espaces non-dédiés à la représentation et aménagés pour l’occasion) revêtent une telle dimension, mais tous n’ont pas la même force d’empreinte sur le spectacle. Notre hypothèse est qu’il existe un lien entre la « puissance révélatrice » de certains lieux et l’acuité des expériences qu’ils font vivre (aux artistes comme aux publics). Reste à interroger rigoureusement ce lien. Confronter les approches de l’historien, du géographe, du théâtrologue et de l’intermédialiste doit permettre d’engager un débat épistémologique salutaire et nécessaire pour jeter les premiers fondements d’une « toposcénologie », d’une analyse du spectacle « située », centrée autour de la question de la localité. Pour analyser la diversité des impacts du « milieu » (i. e des logiques territoriales, techniques, historiques spécifiques à chaque lieu), nous privilégions une étude de cas et retenons, parmi les 340 investis par le Festival d’Avignon depuis 1947, quatre lieux qui se distinguent par leur emplacement, leur histoire, leur esthétique, leur configuration, leur valeur symbolique : la Cour d’honneur, la Carrière Boulbon, la cour du Lycée Saint-Joseph, la FabricA. Nous examinons les interactions possibles du lieu et de l’œuvre scénique/littéraire. Nous tentons d’analyser leurs effets sur la création/ réception du spectacle et cherchons à débusquer, si possible, les principes qui président aux degrés de saillance, aux degrés d’apparition, du lieu.














